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Stefan Zweig au cinéma
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Stefan Zweig né le 28 novembre 1881 à Vienne en Autriche-Hongrie et mort le 22 février 1942 à Petrópolis au Brésil, est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien. Il est le fils de Moritz Zweig, né en 1845 d'une famille juive originaire de la Moravie, d'abord marchand avant de fonder, à l'âge de trente ans, une petite tisseranderie, dans le nord de la Bohême, et de faire fortune comme fabricant de tissus. Moritz Zweig épouse Ida Brettauer, née en 1854, fille d'un banquier récemment installé à Vienne après avoir fait ses débuts à Ancône. Avec son frère aîné, Alfred, il complète une famille qui "a voulu réussir son intégration et tenu à donner une éducation laïque". À l'exemple de ses parents, il ne parle pas le yiddish, ne fréquente pas la synagogue, ne pratique pas ses traditions culturelles, et l'auteur n'aime pas s'entendre rappeler qu'il est juif.
Zweig est élevé à Vienne, sur le Ring, dans une atmosphère bourgeoise et conformiste, caractéristique du règne de l'empereur François-Joseph. Inscrit en 1887 au Maximilian Gymnasium (actuel Gymnasium Wasagasse), il y subit un enseignement scolaire extrêmement rigide et autoritaire, "comme un bagne". Il réussit à obtenir son baccalauréat en juillet 1900, avec mentions en allemand, physique et histoire. À l'université de Vienne, il s'inscrit en philosophie et en histoire de la littérature, étudie la romanistique et la germanistique. À Vienne, il est associé au mouvement d'avant-garde Jeune Vienne.
À dix-neuf ans il quitte le foyer familial pour une chambre d'étudiant. Il s'intéresse aux poètes, en particulier Rainer Maria Rilke et Hugo von Hofmannsthal, déjà adulés en dépit de leur jeune âge. Zweig s'essaie lui-même à l'écriture, qui l'attire de plus en plus. Il compose plusieurs poèmes, dont une cinquantaine sont réunis dans un recueil, Les Cordes d'argent, publié en 1901. Même s'il renie ensuite cette première publication, elle lui attire un succès d'estime. Outre ces poèmes, il écrit également de courts récits, dont Dans la neige (Im Schnee), qui paraît également en 1901, dans le journal viennois sioniste Die Welt.
Ses premiers essais, sous forme de feuilleton, au "rez-de-chaussée" des journaux, sont publiés dans Die Neue Freie Presse, dont le rédacteur littéraire est Theodor Herzl, fondateur du mouvement sioniste. Toutefois, Zweig ne sera pas attiré par le sionisme, et ce n'est que tardivement qu'il rend hommage à cet homme engagé. Une publication qui incite ses parents à accepter sa carrière d'écrivain.
Encouragé par ces premiers succès, mais doutant encore de son talent, Zweig séjourne à Berlin. Il y découvre une autre avant-garde : les romans de Fiodor Dostoïevski et la peinture d'Edvard Munch. Il fréquente de nombreux cercles, rencontre Rudolf Steiner ; en Belgique il voit Charles Van der Stappen, Émile Verhaeren, Ellen Key, avant de rencontrer Giovanni Cena en Italie et de se lier d'amitié avec Johan Bojer. À son retour à Vienne, il défend sa thèse sur Hippolyte Taine, philosophe et historien français (printemps 1904), qui lui confère le titre de docteur en philosophie.
Avant la Première Guerre mondiale, porté par sa curiosité, il fait de nombreux voyages (Wanderjahre) : il parcourt l'Europe, effectue de longs séjours à Berlin, Paris, Bruxelles et Londres, et en 1910, sur un conseil de Walther Rathenau, se rend en Inde, puis aux États-Unis et au Canada en 1911. Plusieurs chroniques publiées dans le Frankfurter Zeitung en témoignent, dont une, intitulée "Chez les Français du Canada" et qui relate un passage méconnu de Stefan Zweig au Québec. Dans son journal, il se plaint de cette "inquiétude intérieure déjà intolérable" qui ne le laisse jamais en paix et justifie son goût des départs. Zweig voyage autant pour connaître et apprendre que pour se fuir lui-même, dans le mirage des changements d'horizon.
Ses nombreux voyages ne l'empêchent pas de poursuivre ses activités d'écrivain. Un recueil de nouvelles est publié en 1904, et de traductions, notamment de Verlaine, qu'il admire passionnément. Il traduit également le poète Émile Verhaeren, qu'il a rencontré à Bruxelles et dont la vitalité, à l'opposé de l'atmosphère engoncée de Vienne, influence durablement le jeune Zweig.
Après une tentative dans le domaine du théâtre, avec sa pièce Thersite, dont le personnage éponyme est une sorte d'antihéros de la guerre de Troie, Zweig rencontre en février 1910 l'écrivain français Romain Rolland dont il partage les idéaux paneuropéens et l'esprit de tolérance, à l'opposé des visions nationalistes étriquées et revanchardes. Zweig et Rolland deviennent des amis proches, unis par leurs intuitions sur l'Europe et la culture. Le jeune Stefan Zweig a d'emblée été conquis par l'œuvre de Romain Rolland et plus encore par l'homme. Il a été séduit par sa connaissance de la culture allemande, mais aussi par son humanisme, son pacifisme, qui lui semblent représenter une synthèse entre leurs deux cultures. Ils s'écrivent beaucoup : on a retrouvé 520 lettres de Stefan Zweig à Romain Rolland et 277 lettres de Romain Rolland à Stefan Zweig.
Le 22 décembre 1912, quand Romain Rolland fait paraître Jean-Christophe, Stefan Zweig publie un article dans le Berliner Tageblatt : "Jean-Christophe est un événement éthique plus encore que littéraire." Entre ces deux hommes, c'est l'histoire d'une grande amitié, qui commence par une relation de maître à disciple. Stefan Zweig fait connaître Romain Rolland en Allemagne, travaillant inlassablement à sa renommée.
À trente ans, en 1911, Zweig connaît une première idylle, en la personne de Friderike Maria Burger (1882-1971), déjà mariée et mère de deux filles. Durant les années qui suivent, les deux amants se voient régulièrement, et coulent des jours paisibles.
Zweig poursuit ses voyages et entame un ouvrage sur Dostoïevski.
Le 28 juin 1914, l'assassinat de l'archiduc héritier François-Ferdinand plonge l'Europe dans la guerre. Zweig revient à Vienne et cède durant une brève période à l'élan patriotique. Il rédige des articles dans lesquels il prend parti pour l'esprit allemand, avant de retrouver bientôt la voie de ses idéaux de fraternité et d'universalité. Romain Rolland et Stefan Zweig sont atterrés par la guerre qui commence, et le 3 août 1914 Romain Rolland écrit : "Je suis accablé. Je voudrais être mort. Il est horrible de vivre au milieu de cette humanité démente et d'assister, impuissant, à la faillite de la civilisation." Mais, contrairement à Stefan Zweig, il se reprend vite, et publie en 1915 Au-dessus de la mêlée. C'est l'opiniâtreté de Romain Rolland dans sa lutte contre la guerre qui sauve Stefan Zweig de la dépression et fait qu'il admire de plus en plus celui qu'il considère comme son maître.
Jugé inapte au front, Zweig est enrôlé dans les services des archives militaires. Il y apprend les nouvelles du front, les morts par milliers et les villages anéantis. Quelques rares voix s'élèvent pour appeler à la raison et au dépôt des armes, telle celle du pape Benoît XV. Elles sont mal reçues. Plusieurs de ses anciens amis, dont Zweig est maintenant coupé, entretiennent le feu. Même Émile Verhaeren, que Zweig admirait tant, publie des textes remplis de haine et de vengeance.
Envoyé sur le front polonais pour collecter des documents d'archives, Zweig a l'occasion de constater concrètement ce que la guerre entraîne de souffrances et de ruines. Les scènes déchirantes dont il est témoin renforcent sa conviction que la défaite et la paix vaudraient mieux que la poursuite de ce conflit insensé. Il prend également conscience du sort que subissent nombre de juifs, confinés dans des ghettos.
À cette période, encouragé par son ami Léon Bazalgette, son style perd en ésotérisme, pour gagner en réalisme.
De retour en Autriche, Zweig quitte Vienne et s'installe en compagnie de Friderike à Kalksburg. Plus éloigné des rumeurs de la guerre, il est en mesure de terminer sa pièce de théâtre Jérémie (1916), où il laisse entrevoir la possibilité d'une défaite de l'Autriche. L'ouvrage lui donne l'occasion d'aller en Suisse en 1917, pour assister aux répétitions lors de sa création à Zurich. Il en profite pour rencontrer nombre de pacifistes, en particulier son ami Romain Rolland à Genève. Ils somment les intellectuels du monde entier de se joindre à eux dans un pacifisme actif — qui a été décisif dans l'attribution du prix Nobel de littérature 1915 à Romain Rolland. Zweig reste pacifiste toute sa vie et préconise l'unification de l'Europe.
L'armistice est signé en 1918. En mars 1919, Zweig, en compagnie de Friderike et de ses filles, peut enfin revenir en Autriche et s'installe à Salzbourg, déterminé à "travailler davantage" et à laisser derrière lui les regrets inutiles.
Il épouse Friderike Maria Burger en 1920.
Les années 1920 voient effectivement Zweig se consacrer à une production abondante : ce sont Trois maîtres (Balzac, Dickens, Dostoïevski), Le Combat avec le démon (sur Kleist, Hölderlin et Nietzsche), et enfin Trois poètes de leur vie (essais sur Stendhal, Casanova et Tolstoï) ; vient plus tard La Guérison par l'esprit (sur Freud — à qui il fait lire ses nouvelles avant parution, et dont il rédigera en 1939 l'oraison funèbre —, Franz-Anton Mesmer et Mary Baker Eddy). Polyglotte accompli, Zweig traduit de nombreuses œuvres, de Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, John Keats.
Il fait représenter le Théâtre de la Révolution de Romain Rolland ; et celui-ci lui dédie la pièce qu'il termine en 1924 intitulée Le Jeu de l'amour et de la mort avec ces mots : "À Stefan Zweig je dédie affectueusement ce drame, qui lui doit d'être écrit". Durant cette période, ils se voient souvent, chaque fois qu'ils en ont l'occasion : en 1922, Stefan Zweig est à Paris, et l'année suivante c'est Romain Rolland qui passe deux semaines à Salzbourg, au Kapuzinerberg ; en 1924, ils sont à Vienne pour le soixantième anniversaire de Richard Strauss : le 14 février, Stefan Zweig présente son ami à Sigmund Freud, qu'il désirait rencontrer depuis longtemps ; en 1925, ils se retrouvent à Halle pour le festival Haendel, puis ils partent pour Weimar visiter la maison de Goethe et consulter les archives de Nietzsche. En 1926, pour les soixante ans de Romain Rolland, paraît son livre jubilaire, conçu en grande partie par Stefan Zweig, qui donne dans toute l'Allemagne de nombreuses conférences sur l'œuvre de son ami à propos de qui il a cette phrase magnifique : "La conscience parlante de l'Europe est aussi notre conscience." En 1927, ils célèbrent ensemble à Vienne le centenaire de la mort de Beethoven, et c'est à l'initiative de Stefan Zweig que Romain Rolland fait partie des personnalités invitées aux festivités et que ses articles et son hommage à Beethoven paraissent dans nombre de journaux.
Zweig parcourt l'Europe, donne de multiples conférences, rencontre des écrivains, des artistes, et tous ses vieux amis dont la guerre l'avait séparé. Fidèle à ses idéaux pacifistes, il invite les pays à fraterniser entre eux plutôt que de nourrir les antagonismes et les conflits. Il prêche pour une Europe unie, conviction qu'il défend jusqu'à la fin de sa vie.
Ces activités apportent à Zweig la célébrité, qui commence avec sa nouvelle Amok, publiée en 1922. Dès lors, tous ses ouvrages sont des succès de librairie. Sa notoriété grandit et le met à l'abri des soucis financiers dans les difficiles années d'après-guerre. En contrepartie, nourrie par les traductions en plusieurs langues, elle entraîne son lot de sollicitations et d'engagements. Zweig s'épuise dans d'interminables tournées. Il ne trouve le repos que dans l'isolement de sa villa à Salzbourg, auprès de Friderike. Là, il reçoit ses amis, écrivains, musiciens et penseurs, d'où qu'ils viennent. Il tisse des liens avec de jeunes auteurs qui lui sont reconnaissants de l'aide et des encouragements qu'il leur a apportés.
En 1925, Zweig remanie la pièce Volpone de Ben Jonson. Cette pièce, traduite dans plusieurs langues, reçoit un accueil enthousiaste et contribue encore à sa renommée.
Zweig ne délaisse pas pour autant ses biographies. Il consacre en 1929 un ouvrage à l'homme politique français Joseph Fouché, qui, en son temps, préfigurait déjà les jeux de coulisse que Zweig pressent dans les États européens. Les biographies, pour Zweig, sont l'occasion d'éclairer le présent à la lueur des agissements passés. Elles mettent en lumière toute l'incapacité apparente des hommes à apprendre de leurs erreurs, particulièrement en cette époque où apparaissent déjà les premiers signes avant-coureurs des nouvelles catastrophes à venir.
Zweig reconnaît sa dette envers Freud et lui exprime sa gratitude, notamment dans une lettre datée du 8 septembre 1926. Il lui confie que la psychologie est "la grande affaire de [sa] vie", et que l'influence du psychanalyste a été fondamentale car il a appris "le courage" à des écrivains tels que Proust, D. H. Lawrence, James Joyce en levant leurs inhibitions : "Grâce à vous," lui dit-il, "nous voyons beaucoup de choses. – Grâce à vous, nous disons beaucoup de choses qui, sinon, n'auraient été ni vues ni dites." Il ajoute que l'autobiographie en particulier a gagné en clarté et en audace".
Parallèlement à sa carrière d'écrivain, Zweig consacre une grande part de son temps et de ses revenus à sa collection de manuscrits, de partitions et d'autographes. Elle constitue un véritable trésor, assemblée comme une œuvre d'art, où on retrouve notamment une page des Carnets de Léonard de Vinci, un manuscrit de Nietzsche, le dernier poème manuscrit de Goethe, des partitions de Brahms et de Beethoven. Cette collection inestimable sera confisquée par les nazis, dispersée et en grande partie détruite. Elle lui a toutefois inspiré quelques textes, dont La Collection invisible.
À l'aube de la cinquantaine, Zweig subit l'usure du couple avec Friderike. Il entreprend un ouvrage sur Marie-Antoinette d'Autriche, où il explore le thème des êtres frappés par la tragédie qui savent trouver dans le malheur une forme de rédemption et de dignité. L'ouvrage connaît un grand succès, tout juste avant la prise du pouvoir par les nazis en 1933.
L'arrivée au pouvoir en 1933 d'Adolf Hitler vient bouleverser la vie de Zweig. Cette année charnière voit l'exil forcé d'un grand nombre des amis allemands de Zweig. Lui-même juif, il suit avec effarement les troubles qui agitent le pays voisin. Il hésite à prendre position, voulant comme toujours se situer en dehors des choix politiques qui conduisent trop souvent à l'affrontement. Il est soutenu par le compositeur Richard Strauss qui lui commande le livret de son opéra Die schweigsame Frau (La Femme silencieuse) et qui refuse de retirer le nom de Zweig de l'affiche de la première à Dresde. Finalement Zweig se sent mal à l'aise avec Strauss qui ne prend pas ouvertement position contre le régime. L'opéra ne sera d'ailleurs présenté que trois fois, jugé comme une "œuvre juive". Zweig suscite également la colère des nazis lorsque l'une de ses nouvelles, Brûlant secret (Brennendes Geheimnis), publiée en 1911), est adaptée au cinéma en 1933 par Robert Siodmak sous le titre Das brennende Geheimnis. Un autodafé a lieu à Berlin dont ses œuvres sont aussi victimes.
De son côté, Zweig s'intéresse ensuite à Érasme, en qui il voit un modèle humaniste proche de ses conceptions. La neutralité de Zweig est cependant bientôt mise à mal, lorsque l'Autriche, à son tour, succombe à la répression politique. Des partisans de la Ligue républicaine sont mitraillés dans les banlieues ouvrières. Zweig, lui-même, est l'objet d'une perquisition de la police du régime austrofasciste qui a finalement raison de toutes ses hésitations. Il fait aussitôt ses valises et décide de quitter le pays, en février 1934, persuadé, à juste titre et contre l'avis des siens, que le bruit des bottes ne va qu'en augmentant. Son rêve de paix s'évanouit.
Réfugié à Londres, Zweig entreprend une biographie de Marie Stuart. Le personnage l'intéresse, au même titre que Marie-Antoinette, dans la mesure où leurs deux destins illustrent le côté impitoyable de la politique que Zweig a en aversion. Il entame également une liaison avec Lotte (Charlotte Elisabeth Altmann) (1908-1942), sa secrétaire, tandis que Friderike refuse de le rejoindre à Londres, jugeant non fondées les appréhensions de son époux. Elle et bien des amis, aveugles aux nuages toujours plus sombres qui s'accumulent au-dessus de l'Europe, lui reprochent d'agir en prophète de malheur.
Zweig persiste dans ses craintes et ses intuitions. Il refuse de choisir son camp, comme Érasme en son temps, privilégiant la neutralité et la conscience individuelle à l'alignement sur un courant politique. Cette attitude prudente éloigne ses vieux amis, dont l'écrivain Joseph Roth et Romain Rolland, qui a épousé la cause du marxisme-léninisme.
En 1936 éclate la guerre d'Espagne. Zweig accepte alors l'invitation de se rendre au Brésil, laissant derrière lui une Europe divisée et troublée. Précédé par sa célébrité, Zweig y est accueilli avec les honneurs. Lui-même est subjugué par la beauté de Rio de Janeiro et loge un temps au Copacabana Palace. Il y entreprend la rédaction d'une nouvelle biographie consacrée à l'explorateur Magellan en qui il voit un héros obscur, comme il les affectionne, demeuré fidèle à lui-même en dépit des embûches. Il termine l'ouvrage tant bien que mal, en proie à des tourments qui présentent tous les aspects de la dépression.
De retour à Londres, Zweig suit l'actualité autrichienne de près. Ce qu'il appréhende depuis des années finit par se réaliser. Le 12 mars 1938, Adolf Hitler traverse la frontière et proclame l'annexion de l'Autriche. Zweig se voit ainsi dépossédé de sa nationalité autrichienne et devient un réfugié politique. Désireux d'échapper aux brimades réservées aux expatriés, et considéré comme ennemi quand la guerre éclate, Zweig demande, puis reçoit enfin son certificat de naturalisation britannique. Entre-temps, il a rompu avec Friderike et a épousé Lotte. C'est avec elle qu'il quitte l'Angleterre durant l'été 1940, juste avant le début des bombardements allemands sur Londres. Zweig cède de plus en plus au désespoir.
Comme pour compenser sa condition d'expatrié, il se plonge dans le travail. Avant de partir, il laisse un roman La Pitié dangereuse, paru en 1939. Il abandonne d'ailleurs derrière lui notes et manuscrits inachevés. Sa première escale est à New York, où sa condition d'Allemand lui attire l'hostilité. Il part pour le Brésil, pays qui lui avait fait forte impression et où il avait été bien reçu. Il est toujours accompagné de Lotte, dont la santé fragile commence à peser sur le couple.
Installé à Rio de Janeiro, Zweig parcourt le continent. Il se rend en Argentine et en Uruguay, pour une série de conférences, retourne ensuite à New York en mars 1941, pour la dernière fois. Il y revoit Friderike, qui a réussi à émigrer aux États-Unis. Zweig demeure quelques mois là-bas, et fréquente ses vieux amis, expatriés comme lui. Le 15 mai, il prononce sa dernière conférence. Désespéré et honteux du tort que cause l'Allemagne, il réitère néanmoins sa confiance en l'homme, mais on le sent alors très désabusé. De retour au Brésil durant l'été, il entreprend la rédaction de ses mémoires. Ce texte, dont il expédie le manuscrit à son éditeur la veille de son suicide, sera publié deux ans après sa mort sous le titre Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen, et constitue un véritable hymne à la culture européenne que Zweig considérait alors comme perdue. Il revient sur les principales étapes de son existence, marquant de son témoignage un monde en destruction, comme s'il souhaitait qu'une trace de ce monde d'hier qu'il chérissait fût conservée. Il déménage ensuite à Petrópolis, où il fête le 28 novembre, loin de ses amis et des honneurs, son soixantième anniversaire.
Avec l'entrée en guerre des États-Unis en décembre 1941, Zweig perd de plus en plus espoir. Il n'en continue pas moins son œuvre, dont Le Joueur d'échecs, bref roman qui sera publié à titre posthume, et qui met précisément en scène un exilé autrichien que les méthodes d'enfermement et d'interrogatoire pratiquées par les nazis avaient poussé au bord de la folie. Au mois de février, en plein carnaval à Rio, il apprend la chute de Singapour, principale base militaire britannique en Extrême-Orient.
Hanté par l'inéluctabilité de la vieillesse, ne supportant plus l'asthme sévère de Lotte, et moralement détruit par la guerre mondiale en cours, il décide qu'il ne peut plus continuer à assister ainsi, sans recours, à l'agonie du monde. Il se rend à Barbacena, rend visite à l'écrivain Georges Bernanos, qui tente en vain de lui faire reprendre espoir.
Le 22 février 1942, après avoir fait ses adieux et laissé ses affaires en ordre (il laisse un mot concernant son chien, qu'il confie à des amis), Stefan Zweig met fin à ses jours en s'empoisonnant au Véronal (un barbiturique), en compagnie de Lotte qui refuse de survivre à son compagnon.
Source : Wikipédia
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Les adaptations cinématographiques
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24 HEURES DE LA VIE D'UNE FEMME
2002, France, Comédie Dramatique
Réalisé par Laurent Bouhnik
Scénario de Gilles Taurand & Laurent Bouhnik
Photographie de Gilles Henry
Musique de Michael Nyman
Décors de Christian Marti & Tanino Liberatore
Direction artistique de Yann Biquand, Volker Schäfer & Adam Squires
Costumes de Pierre-Yves Gayraud
Montage de Hervé De Luze & Jacqueline Mariani
Son de Philippe Richard
Mixage de Axel Arft & Christian Fontaine
Montage son de Lucien Balibar, Raphael Sohier & Aymeric Devoldère
Casting de Anja Dihrberg & Stéphane Foenkinos
Scripte de Sandra Di Pasquale
Durée 1 h 45
Avec Agnès Jaoui, Nikolaj Coster-Waldau, Michel Serrault, Berenice Bejo, Frances Barber, Serge Riaboukine, Valérie Dréville, Pascal Greggory, Chloé Lambert, Jean-François Gallotte, Bruno Slagmulder...
Résumé : Louis, un vieil homme, est en vacances sur la Riviera et rencontre par hasard Olivia, une séduisante jeune fille. Olivia vit des histoires d'amours assez complexes. Louis détenant un secret va lui raconter ce qui leur fera remonter le temps. Cela commence en 1935 quand il était adolescent et alors que sa mère était partie en compagnie d'un autre homme. Il avait recueilli les confidences d'une vieille dame au nom de Marie Collins-Brown...
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Livrets d'opéra
1935 La Femme silencieuse
Poésies
1901 Cordes d’argent (Silberne Saiten).
1906 Les Couronnes précoces (Die frühen Kränze).
2021 La Vie d'un poète : Poèmes et écrits sur la poésie, inédit en français, traduction complète des poèmes et écrits sur la poésie de Zweig, édition bilingue, traduit de l'all. par Marie-Thérèse Kieffer, préface de Gérard Pfister
Romans et nouvelles
1900 Rêves oubliés (Vergessene Träume, nouvelle publiée dans le Berliner Illustrierte Zeitung).
1900 Printemps au Prater (Praterfrühling, nouvelle publiée à l’automne 1900 dans une revue littéraire mensuelle).
1901 Dans la neige (Im Schnee)
1901 Une jeunesse gâchée
1903 L'Étoile au-dessus de la forêt (Der Stern über dem Walde)
1904 Les Prodiges de la vie (Die Wunder des Lebens)
1904 L'Amour d'Erika Ewald (Die Liebe der Erika Ewald)
1904 La Marche (Die Wanderung)
1908 La Scarlatine (Scharlach)
1911 Première épreuve de vie. Quatre histoires du pays des enfants (Erstes Erlebnis. Vier Geschichten aus Kinderland) : Conte crépusculaire (Geschichte in der Dämmerung), La Gouvernante (Die Gouvernante), Brûlant secret (Brennendes Geheimnis) et Le Jeu dangereux (Sommernovelette).
1927 Vingt-quatre Heures de la vie d'une femme
1929 Le Voyage dans le passé (Die Reise in die Vergangenheit / Widerstand der Wirklichkeit)
1931 Le Jeu dangereux
1935 Un soupçon légitime (War er es).
1936 Les Deux Jumelles. Conte drolatique (Die gleich-ungleichen Schwestern).
1939 La Pitié dangereuse (Ungeduld des Herzens)
1941 Le Joueur d'échecs (Schachnovelle)
1948 Un homme qu'on n'oublie pas (Ein Mensch, den man nicht vergisst)
1951 La Vieille Dette
Théâtre
1907 Thersite. Tragédie en trois actes (Tersites. Ein Trauerspiel in drei Aufzügen)
1911 La Maison au bord de la mer (Das Haus am Meer. Ein Schauspiel in zwei Teilen)
1913 Le Comédien métamorphosé. Un divertissement du Rococo allemand (Der verwandelte Komödiant. Ein Spiel aus dem deutschen Rokoko)
1916 Jérémie. Drame en neuf tableaux (Jeremias. Eine dramatische Dichtung in neun Bildern)
1919 Légende d’une vie, (Legende eines Lebens. Ein Kammerspiel in drei Aufzügen)
1925 Volpone (Ben Johnson’s Volpone. Eine lieblose Komödie in drei Akten), adaptation de la pièce de Jules Romains
Essais et biographies
1910 Émile Verhaeren : sa vie, son œuvre (Emile Verhaeren)
1917 Souvenirs sur Émile Verhaeren (Erinnerungen an Emile Verhaeren)
1920 Marceline Desbordes-Valmore : son œuvre (Marceline Desbordes-Valmore - Das Lebensbild einer Dichterin. Mit Übertragungen von Gisela Etzel-Kühn)
1921 Romain Rolland : sa vie, son œuvre (Romain Rolland : der Mann und das Werk)
1921 Trois Maîtres : Balzac, Dickens, Dostoïevski (Drei Meister : Balzac, Dickens, Dostojewski)
1925 Le Combat avec le démon : Kleist, Hölderlin, Nietzsche (Der Kampf mit dem Dämon : Hölderlin, Heinrich von Kleist, Friedrich Nietzsche)
1927 Les Très Riches Heures de l'humanité (Sternstunden der Menschheit)
1928 Trois poètes de leur vie : Stendhal, Casanova, Tolstoï (Drei Dichter ihres Lebens: Casanova, Stendhal, Tolstoi)
1929 Joseph Fouché (Joseph Fouché. Bildnis eines politischen Menschen)
1931 La guérison par l’esprit: Mesmer, Mary Baker-Eddy, Freud (Die Heilung durch den Geist : Franz Anton Mesmer, Mary Baker-Eddy, Sigmund Freud)
1932 Marie-Antoinette (Marie Antoinette, Bildnis eines mittleren Charakters)
1934 Érasme, Grandeur et décadence d’une idée (Triumph und Tragik des Erasmus von Rotterdam)
1935 Marie Stuart (Maria Stuart)
1936 Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin (Castellio gegen Calvin, oder Ein Gewissen gegen die Gewalt)
1936 L'Unité Spirituelle du Monde
1938 Magellan (Magellan. Der Mann und seine Tat, 1938)
1941 Amerigo : récit d'une erreur historique ("Amerigo, die Geschichte eines historischen Irrtums")
1942 Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen - autobiographie (Die Welt von Gestern - Erinnerungen eines Europäers)
1943 Le Mystère de la création artistique (Das Geheimnis des künstlerischen Schaffens)
1946 Balzac, le roman de sa vie (Balzac. Roman seines Lebens)
1982 Montaigne. Essai biographique
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