Accueil
Acteurs
Actrices
Compositeurs
Films
Photographes
Réalisateurs
Scénaristes
Technique
Récompenses
Thèmes
Contact










   



Ile d'Ouessant sert de décors au cinéma
Les autres îles

Sa situation géographique

L'île d'Ouessant (Enez Eusa en breton) est une île française se trouvant en Mer d'Iroise, qui a donné son nom à la commune nommée Ouessant dont elle forme l'essentiel du territoire. Elle fait partie du parc naturel régional d'Armorique et du parc naturel marin d'Iroise.
Ouessant marque traditionnellement l’entrée sud de la Manche (l'entrée nord étant balisée par les Sorlingues appelées plus couramment îles Scilly, de leur nom anglais).
Distante de 20 kilomètres de la côte ouest du Finistère, longue de 8 kilomètres et large de 4, elle est la terre la plus occidentale de la France métropolitaine si l’on excepte le rocher de An Ividic à quelques encablures de l’île, sur lequel est ancré le phare de Nividic.
L’île est séparée de l’archipel de Molène par le passage du Fromveur, un froid et puissant courant marin (8 à 10 nœuds) résultant d’une faille locale de 60 m de profondeur.
Source : Wikipédia

Histoire de l'île

Préhistoire et Antiquité : Ouessant est une île depuis les temps préhistoriques. À la fin de la dernière ère glaciaire, elle était déjà séparée du continent. Les éléments d'occupation les plus anciens remontent à 1 500 av. J.-C. On a découvert un village préchrétien ayant existé pendant de nombreux siècles à Ouessant, signe d'une civilisation déjà ancienne.
Les restes de deux villages, habités par plusieurs centaines de personnes (une véritable agglomération pour l'époque) ont été retrouvés, attestant de l'occupation du site sur une période allant de 4 000 ans av. J.-C. jusqu'au début du VIe siècle de notre ère. Le premier village est caractérisé par des fondations incluant des dalles de pierre trouées destinées à supporter des poteaux de charpente. Le second village est daté de l'âge du fer, vers 700 av. J.-C.
L'île était un repère pour les marins de l'Antiquité (Carthaginois, puis Grecs et Romains) qui faisaient le commerce de l'étain avec les Îles Cassitérides (Cornouaille ou Sorlingues) : le géographe grec Strabon la désigne sous le nom d'Oυξισαμη, Pline l'Ancien comme Axanta, mais le nom latin usuel est Uxantis.
Le cromlech de la presqu'île de Pen-ar-Lan, qui a une forme ovoïde (un "œuf mégalithique" formé de 18 blocs de 0,60 m à 1 mètre de haut, réunis par un talus, en fait un petit muret de pierres, dessinant une ellipse de 13 m dans son axe est-ouest sur 10 m dans son axe nord-sud), était peut-être un monument astronomique préhistorique ; une autre hypothèse en fait un coffre sépulcral mégalithique. Au centre se trouvaient deux menhirs qui ont disparu.
Au IVe siècle avant J.-C., le navigateur marseillais Pythéas, qui s'est rendu jusque dans les Îles Britanniques et la Scandinavie, suivant la route de l'étain et la route de l'ambre, découvre aussi au passage le cap Kabaïon (la Pointe de Penmarc'h) et Uxisama, le pays des Œstrymni (Ouessant).
Origines : Pol Aurélien (saint Pol) aurait débarqué à Ouessant en 517, traversant la Manche depuis la Bretagne d'alors (Grande-Bretagne actuelle) sur un vaisseau de pierre, dit la légende ; venu convertir les insulaires, restés païens, il aurait construit un monastère à Pen-ar-Lan. Le bourg d'Ouessant porte son nom (Lampaul, "l'ermitage de Paul") et l'église paroissiale lui est dédiée.
Parmi les disciples de Pol Aurélien, saint Gweltas (saint Gildas) aurait lui établi son monastère à la pointe de Pern, non loin du hameau qui porte son nom : Locqueltas (plusieurs chapelles Saint-Gweltas successives ont existé sur le même site mais la dernière, en ruine depuis fort longtemps, a été remplacée par la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Voyage construite entre 1884 et 1886), mais une fontaine Saint-Gildas existe toujours à proximité et saint Guénolé dans la presqu'île de Feunteun Venlen où subsistent les ruines d'une chapelle Saint-Guénolé. Le monastère construit par saint Pol à Ouessant existait encore à la fin du Xe siècle, lorsque, vers 990, saint Félix, qui était à la Cour du comte de Cornouaille, à Quimper, "ayant ouï le récit de la vie que menaient les religieux du monastère de Saint-Paul de l'île d'Ouessant, il s’y en alla". Saint Félix, décédé en 1038, fut donc ermite à Ouessant, puis réfugié à l'abbaye de Fleury (actuellement Saint-Benoît-sur-Loire), restaura l'abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys en Bretagne ; célébré localement le 9 mars.
L'abbaye Saint-Melaine de Rennes possédait de nombreux biens dispersés dans 6 des 9 évêchés bretons, dont un prieuré à Ouessant ; son emplacement précis reste incertain, probablement au bourg de Lampaul. Ce prieuré existait encore en 1781.
Moyen Âge : Ouessant a pendant longtemps été une île isolée à cause des nombreuses difficultés d'accès à sa côte escarpée, créant ainsi une société autarcique. La population locale, presque exclusivement composée de femmes (mis à part les jeunes enfants et les vieillards), pratiquait principalement l'agriculture comme moyen de subsistance. Les hommes étaient engagés dans la Marine royale sous l'Ancien Régime et partaient pour de longues missions. Une partie d'entre eux ne revenait jamais. Par la suite, le développement des lignes commerciales a favorisé leur embauche dans la marine marchande. Les femmes, restées à terre, avaient pour tâche de s'occuper de la maison (une petite masure sans le moindre confort), des enfants et des travaux agricoles. Elles étaient les véritables chefs de famille.
L'isolement entraînait aussi des conséquences sanitaires pour la population insulaire : Claude-Louis de Kerjean-Mol, gouverneur d'Ouessant, invoque dans une lettre du 30 juin 1748 "la nécessité d'avoir un chirurgien entretenu dans cette ysle qui n'est remplie que d'un peuple de marins et que souvent l'on y manque de secours dans les plus extrêmes besoins par la difficulté qu'il y a, en certains temps, de faire venir des chirurgiens de Brest". Il en obtint un.
L'économie de l'île au Moyen Âge : On en sait peu de choses. Au début du XIVe siècle, des pêcheries et sécheries de poissons existaient, certaines étant la propriété de commerçants de Bayonne dont les noms sont connus par une lettre du pape Jean XXII. Il est possible que les substructions décrites en 1772 par l'amiral Antoine Thévenard à la pointe de Pern, dénommés Ti ar Bïaned ("Maison des Païens"), et interprétées par lui comme étant les ruines d'un temple païen, aient été en fait les ruines de cette ancienne sécherie de poisson.
En 1388 Ouessant est ravagé par des troupes anglaises dirigées par le comte d'Arundel. Ouessant est alors dans un état si désastreux que le pape Boniface IX accorde alors le 14 octobre 1393 des indulgences à ceux qui contribueraient aux réparations de l'église paroissiale de Notre-Dame d'Ouessant omnino destructa ("totalement détruite") par les guerres et les tempêtes ; ce que firent les seigneurs du Chastel qui reconstruisirent l'église, les chapelles et le château d'Ouessant qui avaient été incendiés.
En 1454 des corsaires pillent l'église paroissiale de Notre-Dame d'Ouessant ainsi que le château, qui étaient alors en cours de reconstruction par Alain de Coëtivy du Chastel, archevêque d'Avignon et cardinal, dont la mère Catherine du Chastel était une descendante de la famille seigneuriale des Chastel du château de Trémazan. Le cardinal de Coëtivy affirme alors, dans la plainte qu'il adresse alors au pape Calixte III que "la majeure partie de l'île lui appartient" faisant probablement allusion au fait qu'il disposait alors du bénéfice du prieuré d'Ouessant, qui dépendait lui-même de l'abbaye de Saint-Mathieu. En 1462, les Anglais débarquent une fois de plus en Bretagne, pillent Le Conquet et les environs de Saint-Renan et saccagent à nouveau Ouessant. Une autre incursion anglaise se produit en 1520, le château est alors détruit.
Les seigneurs, puis le marquisat d'Ouessant : Les évêques de Léon étaient seigneurs d'Ouessant depuis saint Pol, arrivé en 512 avec 12 religieux et qui s'était fait construire "un petit monastère consistant en une chapelle et treize petites cellules de gazon couvertes de glays". Saint Pol, nommé en 530 par le roi franc Childebert Ier episcopus occismorum (évêque d'Occismor), fut autorisé à percevoir les revenus des pagi leonensis et achmensis, c'est-à-dire des pays de Léon et d'Ac'h.
Roland de Neufville, puîné de la maison du Plessis-Bardoul, évêque de Léon de 1562 à 1613, échangea, par un contrat signé le 26 juin 1589 l'île d'Oixant (le nom de l'île d'Ouessant était fréquemment écrit Oixant au Moyen Âge) avec René de Rieux, marquis de Sourdéac, contre la terre de Porléac'h (manoir de Porzlech-Bihan) en Trégarantec.
Le 11 juin 1560 à Rennes, Guy de Rieux (fils aîné de Jean de Rieux), seigneur de Châteauneuf, vicomte de Donges épousa Anne du Chastel et, à partir de ce mariage la famille du Chastel se fond dans celle des Rieux. Guy de Rieux décéda en mer le 12 février 1591 alors qu'il revenait à Brest, ville dont il était le gouverneur, après avoir participé au siège d'Hennebont et son frère cadet René de Rieux devint alors seigneur d'Ouessant.
En 1597, le roi de France Henri IV érige l'île d'Ouessant en marquisat au profit de René de Rieux, alors gouverneur de Brest et marquis de Sourdéac. René de Rieux mit l'île "en état de défense", les habitants assumant eux-mêmes la garde de leur île à la condition d'être exemptés de la grande dixme
En 1600, le Parlement de Bretagne fut appelé à se prononcer sur un différend existant entre le marquis de Sourdéac et l'évêque de Léon à propos de l'acquisition par le premier cité de l'île d'Ouessant. En conséquence, le 26 octobre 1609 il fut procédé au mesurage.
Guy III de Rieux, qui fut lui aussi gouverneur de Brest, hérita ensuite de la terre d'Ouessant, au moins dès 1624 (même si son père ne décéda qu'en 1628), mais le roi Louis XIII rachète en 1626 le gouvernement de la ville et du château de Brest, moyennant 100 000 écus, mais pas le marquisat d'Ouessant dont Alexandre de Rieux, fils de Guy III de Rieux, devient le troisième marquis, mais celui-ci fit des spéculations hasardeuses et ses biens furent confisqués. Toutefois Louise de Rieux, devenue l'héritière de son père Alexandre de Rieux, se vit reconnaître ses droits sur l'île d'Ouessant par un arrêt du Parlement de Paris en date du 15 février 1701, sous réserve que les créanciers de son père soient dédommagés en leur payant 1 200 livres en plus du prix de l'adjudication consécutive à la confiscation et qui s'élevait à 24 200 livres. Ensuite, le 30 mars 1719, Louise de Rieux confie à son cousin Jean-Sévère, comte de Rieux, pouvoir d'administrer l'île en son nom et finit par abandonner ses droits à son cousin pour la somme de 24 200 livres le 16 janvier 1720 ; à son tour, Jean-Sévère de Rieux, par contrat du 27 juin 1733, cède la propriété de l'île à son frère cadet Louis-Auguste de Rieux, qui devint lieutenant général des armées du Roi en août 1744 et décéda le 1er mars 1767. Louis-Auguste de Rieux et son épouse, par contrat du 30 avril 1764, "cédèrent, quittèrent et délaissèrent au roi, dès maintenant et à toujours l'isle, fief, terre, seigneurie et marquisat d'Ouessant, moyennant une somme de 30 000 livres, et une rente viagère de 3 000 livres". Le roi Louis XV déclara "qu'après l'acquisition ainsi faite et consommée (…) la dite île serait et demeurerait à perpétuité au département de la marine, pour être régis sous ses ordres".
Une société matriarcale : L'absence fréquente des hommes, partis en mer, souvent mobilisés dans la Marine royale, laisse les femmes seules avec leurs enfants et les aïeuls. Cela a facilité le développement d'une société matriarcale qui a subsisté jusqu'au milieu du XXe siècle. Les femmes gardaient aussi leur nom de jeune fille et les hommes, quand ils rentraient après des années d'absence, revenaient en fait dans la maison de leur épouse.
En 1879, selon un rapport du Conseil général du Finistère, pour une population totale à l'époque de 2 400 habitants, Ouessant compte plus de 400 marins embarqués soit sur les navires de l'État, soit sur ds bâtiments de commerce.
Droit de bris et troubles de 1711 : Le droit de bris était une tradition ouessantine : le pense an aod est n'importe quel objet, le plus souvent du bois, mais cela peut être n'importe quel produit d'épave provenant d'une cargaison de bateau ou d'un naufrage. En août 1681, une ordonnance de la Marine supprime le droit de ramasser les épaves et les biens parvenant à la côte accordé jusque-là aux Ouessantins et le 8 octobre 1699 l'amirauté de Brest installe à Ouessant un bureau de greffe et un commis chargé de mettre à disposition du roi les marchandises parvenant à la côte à la suite de naufrages. Les Ouessantins continuèrent malgré tout à récupérer tout ce qui pouvait améliorer leur ordinaire. Par contre, leur réputation de naufrageurs ne semble pas être fondée.
En janvier 1711, une révolte des Ouessantins se produit contre le gouverneur de Nizon qui tente de faire payer par les Ouessantins un nouvel impôt créé par Vauban et de réquisitionner les insulaires pour la restauration du château seigneurial de Kernoas, situé à Pen ar Lan. Les Ouessantins lapidèrent le seigneur, qui dut s'enfuir. Le château fut démoli à partir de 1725, les Ouessantins s'en servirent comme carrière, prenant les pierres pour leurs besoins personnels. Le plan grossièrement triangulaire du château et les traces de deux tours sont encore visibles toutefois.
Le 22 mars 1720, l'allumage des feux de Saint-Mathieu et d'Ouessant fut autorisé "à partir du mois d'octobre" pour une durée de 8 mois. Par lettre datée du 3 juillet 1739, le ministre concède au gouverneur Guy-Nicolas De La Rue neuf cordes de bois à brûler, "l'isle n'en produisant pas". Le bois à brûler était d'ailleurs fort rare à Brest et dans ses environs, il fallait le faire venir de la forêt du Cranou. On continua à s'y approvisionner en bois jusqu'en 1793. C'est l'amiral Thévenard vers la fin du XVIIIe siècle qui obtint enfin que ces feux soient allumés toute l'année.
En juillet 1756, pour faire face aux menaces ennemies, 200 hommes du régiment de Brie, sous les ordres du lieutenant-colonel de Vergon, débarquent dans l'île et logent dans l'ancienne église paroissiale Saint-Paul, désaffectée pour le culte depuis 1754. Le 3 mars 1757, une adjudication portant sur 80 lits destinés à la garnison d'Ouessant est organisée à l'initiative du duc d'Aiguillon, gouverneur de Bretagne.
Ouessant sous l'administration royale : Les Ouessantins espéraient que malgré le passage de leur île sous administration royale, ils conserveraient les privilèges divers (ils étaient par exemple "exempts de toutes les formalités de la justice ordinaire, attendu leur position et les embarras qu'ils auraient pour recourir à la juridiction de Brest") dont ils bénéficiaient depuis un temps immémorial (exemption des frais de justice, exemption des droits sur les vins et eaux-de-vie, etc...) et en firent la demande au duc de Choiseul dans une lettre que celui-ci reçut le 17 décembre 1764. Ils renouvelèrent leurs doléances en 1775 dans une lettre adressée à l'intendant de la Marine à Brest se plaignant de l'état d'abandon dans lequel ils se trouvaient.
Le 19 novembre 1777, le comte d'Orvilliers, alors commandant de la Marine à Brest, insiste, dans une lettre adressée au Secrétaire d'État à la Marine Antoine de Sartine sur "la nécessité de rendre aux habitants les anciens privilèges dont ils jouissaient lorsque Messieurs de Rieux en étaient les seigneurs et qu'ils ont perdu depuis que le roi en acquit la seigneurie", demandant que les nouveaux droits introduits par l'Amirauté soient supprimés. Mais les Ouessantins n'obtinrent jamais aucun allègement à leurs charges. Le comte d'Orvilliers précise par ailleurs dans la même lettre qu'il pense que "les ennemis n'auront jamais l'idée d'attaquer Ouessant".
L'administration de la Marine et celle de la Guerre se disputent le contrôle de l'île : un arrêt du Conseil d'État en date du 4 février 1764 maintient l'île dans le "district particulier du commandant de la place de Brest" ; ce n'est que quelques années plus tard que le département de la Guerre consentit à laisser à la Marine la paisible jouissance de l'île, mais pour en reprendre la mainmise en 1776 malgré les vives protestations de la Marine.
Le 22 janvier 1783, les États de Bretagne accordent aux Ouessantins "l'exemption des droits pour 40 barriques de vin et trois pipes d’eau de vie, qu’autant que la distribution en sera faite conformément à un règlement qui sera arrêté de concert par l'Évêque diocésain, le gouverneur et le corps politique de la dite isle" ; l'évêque de Léon, Mgr Jean-François de La Marche, édicte alors un règlement très détaillé ds modalités de distribution.
Pendant la guerre d'indépendance américaine, le navire corsaire de Saint-Malo Duchesse-de-Polignac s'empare, à 25 lieues au nord d'Ouessant, du navire anglais Mullit-Hole le 14 mars 1781 et en novembre 1781 les navires corsaires français le Bougainville et le Tartare s'emparent du navire anglais Palais à 17 lieues dans le nord d'Ouessant. Le 26 février 1782, le navire anglais Carteron, pris par le navire corsaire Madame, coule lourdement chargé, juste au sud de l'île d'Ouessant.
Le XIXe siècle : Le cadastre de 1844 indique 9 grands moulins dans l'île ; ils ont cessé de fonctionner entre 1850 et 1870 pour la plupart, le dernier en 1918, même s'il a subsisté plus longtemps de nombreux petits moulins familiaux pour moudre l'orge.
Du temps de la marine à voile, des semaines pouvaient s'écouler sans qu'il fut possible de se rendre sur le continent ou d'en revenir. Des travaux importants sont décidés pendant le Second Empire entre 1860 et 1863 : ont alors construits les forts de Locqueltas et de Kernic, l'église paroissiale actuelle, le phare du Creac'h et un nouveau quai au port de Lampaul ; le bourg est aussi réaménagé et une école construite, ainsi qu'un bureau de charité.
L'amélioration des liaisons avec le continent, nécessaire au développement de l'île, n'intervient qu'en 1880 avec la mise en service du premier "vapeur", la Louise, effectuant une liaison régulière. Auparavant, les liaisons étaient assurées, lorsque les conditions météorologiques le permettaient, par de petits voiliers lourdement chargés. Mais le débarquement à Ouessant reste difficile en raison de la médiocrité du port de Lampaul.
En raison de son isolement, l'île est oubliée des autorités : la première visite d'un préfet du Finistère dans l'île a lieu seulement le 6 août 1879. En 1898, le ministre de la Marine, Édouard Lockroy, qui, de passage à Brest, veut visiter les batteries alors en construction à Ouessant, ne peut débarquer en raison de l'état de la mer, et doit se contenter, en compagnie des journalistes, de faire le tour de l'île.
C'est en 1884 que l'île d'Ouessant est reliée télégraphiquement au continent, grâce à un câble venant de l'Aber-Ildut.
Depuis une date inconnue nettement antérieure à 1865, un médecin de la marine, détaché de Brest, fut affecté au service de la population ouessantine. En 1905 encore, la présence d'un médecin détaché des troupes coloniales est attestée. En 1861, une épidémie de scarlatine, la première connue à Ouessant de mémoire d'homme, fait de nombreux morts ; elle s'accompagne d'une épidémie de diphtérie raconte Aristide Jacolot, médecin de la marine à Brest et alors envoyé dans l'île où il était le seul médecin. En 1930, l'administration mis fin au détachement d'un médecin de la marine à Ouessant.
La création du bureau de poste d'Ouessant en 1879 améliora nettement le service du courrier et surtout la transmission des mandats expédiés par les marins à leurs familles restées dans l'île.
En juin 1912 encore, une épidémie de scarlatine provoque plusieurs morts à Ouessant. L'île est consignée, momentanément interdite de visites depuis le continent et un second médecin-major est envoyé pour faire face à l'épidémie.
L'école des garçons d'Ouessant fut laïcisée en 1887 (elle n'eut alors que de 12 à 20 élèves, celle des Frères, recréée, en ayant autour de 200) et celle des filles en 1892.
Le XXe siècle : La station radiotélégraphique d'Ouessant, destinée aux échanges de correspondance privée avec les navires en mer, ouvre en 1904.
La station de sauvetage du Stiff a fonctionné de 1878 à 1953 ; celle de Lampaul fonctionne depuis 1866. Le premier canot de sauvetage à Ouessant est l'Anaïs, une petite baleinière à rames de 9,78 m de long, propulsée par 10 avirons, remisée au fond du port de Lampaul et mise à l'eau au moyen d’un chariot. La première maison-abri (13,25 m × 6,60 m) construite à Lampaul pouvait contenir ce canot d’une dizaine de mètres.
En 1938, deux nouveaux canots de sauvetage à moteur sont inaugurés : l'Amiral Rigault de Genouilly, basé dans le port de Lampaul, et le Ville-de-Paris, basé dans le port du Stiff. Dans son discours, le commandant Cogniet, chef du service de l'inspection de la Société centrale de sauvetage des naufragés, dit que depuis sa fondation en 1886, la station de Lampaul a effectué 86 sorties de sauvetage au cours desquelles 140 personnes ont été sauvées et la station du Stiff, depuis sa fondation en 1884, 41 sorties de sauvetage au cours desquelles 60 personnes ont été sauvées. Il cite ensuite un certain nombre d'exemples de sauvetages.
Le 10 mars 1937, dans les eaux territoriales françaises proches d'Ouessant, le pétrolier espagnol Conde-de-Zutersa, pétrolier gouvernemental, est canonné par un chalutier nationaliste espagnol. Touché par un obus, le canot de sauvetage d'Ouessant lui porte secours et le pétrolier se réfugie à Brest.
Aux yeux des Allemands, Ouessant, sentinelle avancée du continent, avait une importance capitale pour surveiller les trafics entrant ou sortant de Manche ainsi que pour la défense du port de guerre de Brest. Dès le lendemain de leur arrivée à Brest, les Allemands occupaient Ouessant (le 18 juillet 1940), leur garnison atteignant environ 300 hommes. Ils installèrent rapidement une station importante de surveillance maritime et aérienne au voisinage du phare du Stiff, station qui fut l'objet de quelques bombardements anglais, mais les dégâts furent limités. Les Allemands utilisèrent les cales du Stiff et de Lampaul pour acheminer le matériel et leur ravitaillement.
En 1944, les Allemands, avant de tenter de fuir l'île (ils quittèrent l'île sur la Ouessantine, mais une panne de moteur les contraignit finalement à regagner Lampaul et à se rendre aux résistants à Ouessant même), firent sauter le fort Saint-Michel ainsi que les installations électriques du phare du Creac'h, mais sans détruire le phare lui-même. Le phare du Stiff fut miné, mais un déserteur permit aux gardiens du phare d'éviter sa destruction. Des détachements de F.F.I. venus en barques de pêche se répandirent dans l'île.
Le 8 juin 1944, l'équipage du chalutier Joannes Baptista recueille 47 marins allemands dont le sous-marin venait d'être coulé par un bombardier américain.
Le canot de sauvetage Patron François Morin, construit par le chantier Lemaistre à Fécamp, est mis en service en 1960. Doté d'une double coque aux bordées croisées en acajou, insubmersible, autovidant, ce canot tout temps est un chef-d'œuvre de construction maritime en bois. Ce bateau a été rénové en 2009 par le chantier du Guip et est reconnu "Bateau d'intérêt patrimonial" et inscrit en septembre 2010 au titre des Monuments Historiques. En 35 ans d'activité, ce bateau fit 198 sorties de sauvetage.
À partir de 1961, Sein, Ouessant et Molène reçoivent deux fois par semaine leur courrier en hélicoptère.
Le XXIe siècle : Début 2012, l'île d'Ouessant expérimentera une centrale électrique fonctionnant grâce à des hydroliennes, cousines sous-marines des éoliennes, et qui devraient permettre d'assurer 40 % de la consommation électrique de l'île.

Source : Wikipédia

Les films tournés sur l'île d'Ouessant

Les années 1950

L'AMOUR D'UNE FEMME

1953, France/Italie, Drame
Réalisé par Jean Grémillon
Scénario de René Fallet, Jean Grémillon & René Wheeler
Photographie de Louis Page
Musique d'Elsa Barraine & Henri Dutilleux
Décors de Robert Clavel
Costumes de Pierre Balmain
Montage de Louisette Hautecoeur & Marguerite Renoir
Son de Jean Rieul
Durée 1 h 44

Avec Micheline Presle, Massimo Girotti, Gaby Morlay, Paolo Stoppa, Marc Cassot, Marius David, Yvette Etiévant, Roland Lesaffre, Laurence Badie, Julien Carette, Made Siamé, Jean Grémillon (Voix)...

Résumé : Marie, une jeune doctoresse, se rend sur l'île d'Ouessant, afin de remplacer un vieux praticien. Grâce à ses compétences et son dévouement, elle parvient à se faire accepter par les insulaires. André, un ingénieur installé provisoirement dans la région, la demande en mariage. Pour suivre celui qu'elle aime, elle doit renoncer à son métier. Au début réticente, elle finit par accepter. Pourtant, André comprendra qu'il ne peut l'arracher à sa vocation...